Extrait 2

Affronter le quotidien

[…] chaque mouvement étant source d’une épuisante concentration, je passais mon temps sur le lit, ne me levant que pour les repas […] L’isolement était total, le manque d’information cruel. […]

Après deux mois de tâtonnement dans ma dépendance, je réussis quand même, et par ténacité, à dénicher le seul établissement français pouvant m’aider à vivre avec mon récent handicap. Je contactai donc cette structure qui m’envoya un dossier de candidature.

A la réception de ce document, une réalité s’installa : je dépendais de la bonne volonté d’une personne suffisamment impliquée et de confiance pour remplir ces formulaires.

Quelques mois auparavant j’aurais survolé toutes ces tâches administratives, au risque d’oublier des cases à remplir et des documents justificatifs à joindre – vous connaissez !

La deuxième réalité fut plus frustrante, car pour retirer de l’argent et acheter un timbre afin d’envoyer ma demande de candidature, je dépendais encore d’une personne disponible. Au guichet de la poste mon ego s’effondra, car le préposé fit signer ma demande de retrait par mon accompagnateur en omettant de m’adresser la parole. Je réalisai qu’il allait être difficile de faire comprendre à la société que ma cécité ne nuisait pas à mon intellect !